Interview exclusive de Matthieu Dallon
- Général
Par esports`Herman
le 11/05/09 à 18:00
Une interview très intéressante de Mathieu Dallon a été conduite par le site allemand Fragster.de, voici la version française en exclusivité.
Depuis l’annonce de liquidation judiciaire de Games-Services (Cf. Lien), son président Matthieu Dallon ne s’était pas exprimé sur le sujet. C’est désormais chose faite auprès du site allemand Fragster.de lors d’une longue interview. Esportsfrance.com a pu se procurer en exclusivité la version française de cette interview conduite par le journaliste allemand David Donschen aka R0cK3r.
L’interview brosse longuement les déboires financiers de Games-Services, les raisons de sa liquidation, ainsi que d’autres sujets liés aux financements du sport électronique. Sans doute « libéré » par la fin de Games-Services, Matthieu Dallon rentre ainsi dans les détails, plus sans doute que ce que devait s’attendre l’auteur de l’interview. L’ex-créateur de l’ESWC revient du coup longuement sur la situation financière de la société ces 7 dernières années entrant dans des aspects financiers peut être peu évidents à comprendre pour le joueur lambda, mais qui ont le mérite d’être transparents et des plus intéressants.
/David Donschen aka R0cK3r de Fragster.de
Après lecture et analyse pour Matthieu Dallon c'est principalement la crise financière internationale la responsable de la liquidation de Games-Services. Les chiffres donnés semble le confirmer. Ainsi après l’année 2007 qui avait été très difficile Games-Services avait réussi à se redresser en augmentant fortement son chiffre d’affaire et en réduisant de beaucoup sa dette. Elle l’avait réussi en commençant à diversifier plus ses activités avec notamment la gestion de la Team Packard Bell, l’organisation du tournoi Ipowergames et du Masters de Paris. Sa tentative de percer aux Etats-Unis a été d'après Matthieu Dallon le seul problème de l’année 2008. Games-Services n’a pas réussi à trouver de sponsors autre que Nvidia sur place. Les sociétés américaines commençaient déjà à freiner leurs investissements pour qui la crise des subprimes avaient débuté dès l’été 2007. Les premiers effets de ralentissements économiques se sont faits sentir début 2008 avec un déclin progressif des cotations boursières et des indicateurs économiques de plus en plus mauvais. C’était peut être donc la pire année pour Games-Services pour organiser son événement aux Etats-Unis... Ensuite la crise comme nous la connaissons est arrivée en Europe en septembre 2008. Mais avec cette dernière il leur a été semble-t-il impossible de retrouver des partenaires ou nouveaux investisseurs pour passer le cap.
Games-Services aurait pu peut être se sortir de cette mauvaise période si elle avait pu se diversifier plus tôt pour être moins dépendant des sponsors. Mais on ne le saura jamais. L’autre problème est comme l’explique Matthieu Dallon un handicap d’investissement. A contrario d’autres organisations comparables au plan international, la société française n’a jamais pu trouver de gros investisseurs. La MLG a par exemple hérité de 35 millions de dollars il y a quatre ans et plusieurs millions supplémentaires récemment, les CGS avaient un investissement de départ de 50 millions de dollars répartis sur 5 années, MYM avec plusieurs millions de Preben Damgaard et les WCG disposent de la puissance financière de Samsung pour éponger leurs dettes. Comme Games-Services ces sociétés ont des dettes importantes et un chiffre d’affaire ne permettant pas d’être bénéficiaire pour le moment. Certaines ont même fermé depuis à l’instar des CGS et MYM. C’est une course de fond où les dettes sont monnaies courantes, et c’est le cas souvent pour la plus part des startups dans le domaine des nouvelles technologies et de l’informatique. On commence d’ailleurs à le voir pour des mastodontes comme Youtube ou Facebook qui peinent à devenir véritablement rentables malgré des rachats et investissements astronomiques (Google avait racheté Youtube pour 1,65 milliards de dollars…).
Pour Matthieu Dallon les investisseurs n’ont jamais eu la puissance financière que ceux d’un CGS ou MLG pour mettre de tels pactoles dans Games-Services. Nvidia a bien été le sponsor le plus important pendant plusieurs années de l’ESWC mais cela n’a rien de comparable avec les investissements reçus par les autres. Malgré tout la société française a réussi à avoir un rapport entre chiffre d’affaire et résultat plutôt intéressant, arrivant même à être bénéficiaire en 2006. Mais sans cette manne financière importante la crise leur a été fatale. C’est en tout cas ce qu’essaye d’expliquer Matthieu Dallon dans son interview.
Cette interview permet en tout cas de mieux comprendre les problématiques pour l’ensemble des acteurs du secteur. Les grosses institutions n’arrivent pas encore à rentabiliser leurs investissements dans le sport électronique sauf à quelques exceptions près et grâce à des sponsors très généreux et à une meilleure diversification des activités. Pour Matthieu Dallon cette rentabilité passera difficilement par les droits télévisuels qui sont pourtant la manne financière de la majorité des autres sports.
Cette interview, si elle apporte un bon éclaircissement sur la fin de Games-Services, n’apporte pas un regard très optimiste sur la suite des événements. Cela montre aussi que le sport électronique reste encore un secteur de niche. Mais il faudra se servir de ces différents échecs de l’année 2009 pour trouver de nouveaux modèles économiques plus viables dans le temps.
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Depuis l’annonce de liquidation judiciaire de Games-Services (Cf. Lien), son président Matthieu Dallon ne s’était pas exprimé sur le sujet. C’est désormais chose faite auprès du site allemand Fragster.de lors d’une longue interview. Esportsfrance.com a pu se procurer en exclusivité la version française de cette interview conduite par le journaliste allemand David Donschen aka R0cK3r.
L’interview brosse longuement les déboires financiers de Games-Services, les raisons de sa liquidation, ainsi que d’autres sujets liés aux financements du sport électronique. Sans doute « libéré » par la fin de Games-Services, Matthieu Dallon rentre ainsi dans les détails, plus sans doute que ce que devait s’attendre l’auteur de l’interview. L’ex-créateur de l’ESWC revient du coup longuement sur la situation financière de la société ces 7 dernières années entrant dans des aspects financiers peut être peu évidents à comprendre pour le joueur lambda, mais qui ont le mérite d’être transparents et des plus intéressants.
R0cK3r : Quel facteur a été la principale raison de votre liquidation ? Est ce que cela a été la fin du sponsorship de NVIDIA ou bien le climat économique général ?
Matthieu Dallon : Nous avons subi directement 2 fois la crise. Une première fois au premier semestre 2008 aux USA, dans le cadre de la prospection pour la finale à San José. Il n’aura échappé à personne que nous n’avions aucun autre sponsor à part Nvidia pour cette édition. Une deuxième fois sur le marché Européen, de septembre 2008 à mars 2009, dans la cadre de la prospection pour l’ESWC 2009. Dans les deux cas, nous avons prospecté des dizaines de marques. Les réponses négatives se sont succédées avec les mêmes arguments: « notre cours de bourse est en chute libre, le marché est en récession, nous allons perdre de l’argent, nous ne savons pas quand la croissance va reprendre donc nous réduisons tous les budgets marketing et communication, que nous recentrons sur des actions classiques et nous coupons tous les budgets spéciaux de type sponsoring ou investissements hors médias ». Tous nos partenaires licenciés à travers le monde ont connu ces difficultés, ce qui a doublement impacté notre financement. Nous étions une société en développement, avec un modèle de revenus qui ne s’était pas encore totalement accompli (et j’y reviendrai), cette crise a donc été fatale. Oui c’est clairement ce contexte qui est la cause directe de la faillite de l’ESWC.
Suite à une année 2007 très difficile financièrement avec de lourdes pertes, nous avions une trésorerie extrêmement serrée. Malgré une année 2008 bien meilleure (+30% de croissance, et 400% de réduction des pertes) grâce au Mondial du Gaming en France et à la diversification de nos activités, nous perdions encore de l’argent au 1er septembre 2008. Sans trésorerie, sans promesses de sponsors, nous ne pouvions plus avancer et cela a précipité la fin de la société.
Games-Services a quasiment toujours perdu de l’argent, plus d’1 million d’euros en 6 ans d’ESWC. Cela a d’abord été un choix, puis c’est devenu un handicap au développement, et enfin ces deux dernières années c’est devenu un réel problème à cause de la crise. Nous avons cependant, en 6 éditions de l’ESWC, su générer prés de 10 Millions d’euros de revenus totalement investis dans l’activité : le développement de la marque dans 50 pays, 7 grands événements internationaux (Finales ESWC ou Masters de Paris), 6 Coupes de France des jeux vidéo, 5 assemblées générales ESWC, plus d’1.2 Million $ de prize money payés aux joueurs.
Pour être transparent et complet, voici les résultats de la société depuis le premier ESWC:
| Année financière | 2002/2003 | 2003/2004 | 2004/2005 | 2005/2006 | 2006/2007 | 2007/2008 |
| Chiffre d'affaire | 847 000 € | 1 572 000 € | 1 502 000 € | 2 323 000 € | 1 620 000 € | 2 090 000 € |
| Résultats | -278 000 € | -313 000 € | -33 000 € | 51 000 € | -370 000 € | -70 000 € |
En mars vous aviez déjà annoncé le report de la Grande Finale. A quelle niveau de difficulté était la situation à ce moment ? Et qu'est ce qui a fait que seulement deux semaines après soit prononcé la liquidation ?
Nous étions depuis plusieurs mois en recherche de fonds auprès de nouveaux investisseurs pour recapitaliser la société. Nous avions aussi ouvert des discussions avec des « concurrents » pour effectuer une fusion qui aurait pu être historique. Bien que ces opportunités entretenaient un réel espoir, il fallait décaler la finale pour laisser plus de temps aux négociations. Cependant, n’ayant plus de trésorerie, ni pour le loyer, ni pour les salaires, nous avons déposé un dossier de cessation de paiement au Tribunal de Commerce. L’ouverture de la liquidation a été prononcée le 30 mars, le jour-même de la présentation du dossier, ce qui est relativement rare. Le tribunal de commerce de Paris faisant face à un accroissement sans précédent des faillites, ça a été traité en une audience seulement.
Plusieurs personnes critiquent votre business-model qui semble complètement basé sur les gros sponsors. Que pensez-vous de cette critique ? Est ce que des stratégies différentes étaient possibles ?
Notre modèle économique, comme celui de la plupart des grandes organisations du monde de l’Esport, résidait dans l’exploitation des droits marketing, des droits de licences, et l’attente de droits médias. Les revenus de sponsoring s’inscrivent dans les droits marketing des événements. Nous avons plutôt bien développé les droits de licence. Il n’y a jamais eu aucun droit média. Tous les sports, ou même les événements, qui génèrent du business, reposent sur les droits médias, en gros les droits de diffusion TV. La majorité des revenus des grandes fédérations comme la FIFA par exemple repose sur les droits médias (70% de son budget).
L’enjeu, pour toutes organisations de l’Esport, réside dans le fait d’attendre ou de provoquer des droits médias. C’est d’ailleurs ce qui structure l’économie du sport électronique en Corée. Nous avons, avec nos moyens, tout fait pour rendre excitant, vivant, attractif, un match de jeu vidéo. Nous avons mis les joueurs sur scène, nous avons dramatisé les enjeux, nous avons développé des plug-ins pour habiller l’image d’infos en temps réel, nous avons filmé les matchs, nous avons donné les images aux réseaux TV du monde entier pour les éduquer et provoquer une demande. Ce n’est pas venu.
Le jeu se joue comme cela : être assez fort pour tenir jusqu’à l’avènement des droits médias et négocier en position de force les royalties aux éditeurs. C’est la stratégie sur très long terme de WCG – ça été la stratégie sur très court terme de CGS – c’est la stratégie à l’échelle américaine de MLG. Trois exemples types qui montrent qu’il faut avoir beaucoup d’argent pour jouer sérieusement dans cette cour.
À la réflexion, et d’autant plus à cause de cette crise, je pense maintenant qu’il n’y aura jamais de droits médias durables pour l’Esport. La téléréalité écrase tous les nouveaux concepts, à l’image du show des « Seules », des productions de CGS ou de « WCG Ultimate gamer ». Et puis Internet, l’explosion du broadcasting personnel et la contrefaçon des images bouleversent tellement l’écosystème traditionnel des réseaux TV… L’avenir sera différent.
Nous nous sommes donc efforcés de tenir avec des financements majoritairement issus du sponsoring, mais ce n’était pas notre modèle économique. Au final, nous avons malgré tout généré 10 fois plus de CA que de pertes, ce qui est un ratio raisonnable pour une start-up internationale, et ce qui est certainement le meilleur ratio jamais produit de toutes les organisations de E-Sport comparables, ou souvent comparées à l’ESWC, et je pense précisément à WCG, CGS, MLG, dont les budgets annuels et les pertes se comptent en millions. Si nous avions eu le temps et les ressources, nous aurions investit dans une plateforme de services en ligne.
Était-il vraiment impossible d'avoir des sponsors pour un tel événement en ces temps de crise financière ?
Non, je ne dirais pas impossible, mais nos ressources de prospection commerciales étant quasiment nulles, ça s’est révélé pour nous impossible. Pour ce qui est des marques «hors secteur », oui c’est impossible en temps de crise, elles se recentrent sur leur cœur d’activité.
Une autre stratégie aurait été d'avoir une coopération avec les éditeurs de jeux vidéo comme les WCG. Qu'en pensez-vous ?
Nous avons toujours tout fait pour rester indépendants des éditeurs, plus précisément des ayants droit des jeux. C’est une condition de base si l’on veut durer, garder une légitimité auprès des communautés de joueurs, choisir les meilleurs jeux, développer sa propre image de marque. Être indépendant des ayants droit devrait être la clé de voute de tout modèle économique dans l’Esport, afin d’éviter que les joueurs ne soient toujours que des clients, et les champions des marionnettes. Et c’est évidemment la condition pour négocier des droits de licence et préparer la négociation de droits médias.
WCG coopère avec les éditeurs pour des raisons de stratégie de communication institutionnelle. Leurs accords avec de grands éditeurs sont cosmétiques et servent essentiellement à légitimer la marque WCG au niveau international.
Cette question de la relation aux ayants droit des jeux est la plus importante de toutes parmi les problématiques de l’économie de l’Esport. Plus encore pour les joueurs d’ailleurs, que les organisateurs.
Et pourquoi pas un plus petit événement ? Avec moins de cash prize, un lieu plus petit. Est ce que vous avez besoin nécessairement d'un gros événement en raison de la taille de votre staff ?
Chaque année doit amener son lot de nouveautés, de surprises, d’innovations. C’est très difficile de proposer à des partenaires de vous accompagner sur un projet dévalué par rapport à l’année précédente. Nous avons cependant au fil des mois évidemment réduit nos ambitions et nos frais de structure mais cela n’a pas suffit.
Est ce que c'est plus difficile d'avoir des sponsors pour un gros événement que pour des ligues comme l'ESL ? Qu'en pensez-vous ?
C’est toujours très difficile de vendre une offre de sponsoring, quel que soit son niveau et son objet. Si c’est du sponsoring c’est que justement cela ne rentre pas dans une case traditionnelle comme celle de la publicité, de l’achat d’espace média, du marketing en magasin... En plus, il y a une part très difficilement calculable dans le retour sur investissement d’un sponsoring, une part qui relève de la façon dont on évalue une image de marque.
Que va t-il se passer maintenant ? Est ce que vous pouvez d'ores et déjà nous le dire, s'il y a eu des offres sérieuses d'investisseurs intéressés pour reprendre l'ESWC ? Nescho Topalov l'organisateur allemand des qualifications et de la société Top Idea nous a dit dans une interview, que des offres sérieuses vous étaient déjà parvenues.
Oui, des offres sérieuses existent, certaines provenant d’ailleurs d’Allemagne. Des offres moins sérieuses aussi. Nous sommes à l’ouverture du dossier, je pense que les différentes propositions seront à l’étude et en concurrence jusqu’à l’été.
Que pensez-vous que l'on puisse voir dans un futur proche, à part l'ESWC Masters d'Asie, un autre événement ESWC ?
Compte tenu du temps nécessaire à la mise en place de la reprise et ensuite du temps minimum de commercialisation et de préparation d’un événement, il faudra attendre au moins fin 2009.
Et en ce qui concerne le cash prize ? Plusieurs vainqueurs des Masters de Paris et de la Grande Finale 2008 nous ont dit, qu'ils n'avaient pas reçu leur argent jusqu'à maintenant. Quelle chance ont-ils de le recevoir dans les prochains mois ?
Depuis l’année 2007 et nos lourdes pertes, nous payions les prize money en année décalée. C’était une conséquence malheureuse de notre très faible trésorerie et du calendrier de nos dépenses et recettes. Nous l’avons toujours fait en transparence en informant les joueurs. Là, la crise a stoppé net l’accomplissement de ce processus. C’est un réel drame personnel, et cela me touche plus que tout ce que j’ai pu perdre dans cette crise. C’est injuste et dommageable pour les joueurs. Bien que je n’aie plus de responsabilité dans ce processus de paiement, je fais le maximum à titre personnel pour qu’il ait lieu. J’aide le liquidateur à trouver le meilleur repreneur possible, à valoriser au mieux les différents actifs de la société, je communique en transparence, j’active le maximum de pistes. Pour moi, la capacité de ce repreneur à payer cette dette aux joueurs sera un critère décisif.
Quel effet va avoir la liquidation de Games-Services sur ses partenaires nationaux si l'ESWC n'est pas reconduite ?
Ce n’est pas le scénario en cours, mais si cela devait être le cas, les contrats de licence seraient annulés puisque la marque serait probablement détruite. Cela ajouterait un peu plus de tristesse et de consternation. Je pense qu’il est, quoi qu’il arrive, important que les opérations nationales qui le peuvent, s’achèvent dans les meilleures conditions possibles pour les joueurs.
Et qu'en est-il pour votre propre staff ? Est ce que vous allez continuer à travailler dans le business de l'esport or est ce le temps pour quelque chose de nouveau ?
Toute l’équipe à été licenciée, management inclus. Les actionnaires ont perdu tout leur investissement. J’ai vécu avec cette équipe des moments extraordinaires, comme plus largement avec l’ensemble des personnes qui ont fait ces différents ESWC. C’est une déchirure pour tout le monde de se quitter professionnellement. Nous étions tous très jeunes au début de cette aventure, j’avais 26 ans, et la moyenne d’âge de l’équipe devait être de 22 ans. Aujourd’hui nous sommes tous trentenaires. C’est une deuxième vie qui commence.
Sur un plan personnel, je fais de mon mieux pour relativiser, pour prendre du recul, mais je suis très très triste, et évidemment frustré. Depuis prés de 10 ans j’ai accompagné le développement de l’Esport en tentant de le structurer au niveau mondial, en en faisant un spectacle vivant, en légitimant les champions de jeux vidéo en tant qu’athlètes auprès du grand public. J’ai fait tout cela parce que je sais ce que c’est que d’avoir de la sueur entre la paume et la coque de la souris, je connais les tremblements incontrôlables et l’excitation que procure un match. Je sais aussi à quel point cette émotion peut être partagée. L’Esport se trouve au carrefour des univers les plus excitants de ma génération : le sport, le spectacle, Internet et les nouvelles technologies, les jeux vidéo. Alors, même si c’est dur, même si je pars maintenant avec un handicap, je ne veux rien faire d’autre.
/David Donschen aka R0cK3r de Fragster.de
Après lecture et analyse pour Matthieu Dallon c'est principalement la crise financière internationale la responsable de la liquidation de Games-Services. Les chiffres donnés semble le confirmer. Ainsi après l’année 2007 qui avait été très difficile Games-Services avait réussi à se redresser en augmentant fortement son chiffre d’affaire et en réduisant de beaucoup sa dette. Elle l’avait réussi en commençant à diversifier plus ses activités avec notamment la gestion de la Team Packard Bell, l’organisation du tournoi Ipowergames et du Masters de Paris. Sa tentative de percer aux Etats-Unis a été d'après Matthieu Dallon le seul problème de l’année 2008. Games-Services n’a pas réussi à trouver de sponsors autre que Nvidia sur place. Les sociétés américaines commençaient déjà à freiner leurs investissements pour qui la crise des subprimes avaient débuté dès l’été 2007. Les premiers effets de ralentissements économiques se sont faits sentir début 2008 avec un déclin progressif des cotations boursières et des indicateurs économiques de plus en plus mauvais. C’était peut être donc la pire année pour Games-Services pour organiser son événement aux Etats-Unis... Ensuite la crise comme nous la connaissons est arrivée en Europe en septembre 2008. Mais avec cette dernière il leur a été semble-t-il impossible de retrouver des partenaires ou nouveaux investisseurs pour passer le cap.
Games-Services aurait pu peut être se sortir de cette mauvaise période si elle avait pu se diversifier plus tôt pour être moins dépendant des sponsors. Mais on ne le saura jamais. L’autre problème est comme l’explique Matthieu Dallon un handicap d’investissement. A contrario d’autres organisations comparables au plan international, la société française n’a jamais pu trouver de gros investisseurs. La MLG a par exemple hérité de 35 millions de dollars il y a quatre ans et plusieurs millions supplémentaires récemment, les CGS avaient un investissement de départ de 50 millions de dollars répartis sur 5 années, MYM avec plusieurs millions de Preben Damgaard et les WCG disposent de la puissance financière de Samsung pour éponger leurs dettes. Comme Games-Services ces sociétés ont des dettes importantes et un chiffre d’affaire ne permettant pas d’être bénéficiaire pour le moment. Certaines ont même fermé depuis à l’instar des CGS et MYM. C’est une course de fond où les dettes sont monnaies courantes, et c’est le cas souvent pour la plus part des startups dans le domaine des nouvelles technologies et de l’informatique. On commence d’ailleurs à le voir pour des mastodontes comme Youtube ou Facebook qui peinent à devenir véritablement rentables malgré des rachats et investissements astronomiques (Google avait racheté Youtube pour 1,65 milliards de dollars…).
Pour Matthieu Dallon les investisseurs n’ont jamais eu la puissance financière que ceux d’un CGS ou MLG pour mettre de tels pactoles dans Games-Services. Nvidia a bien été le sponsor le plus important pendant plusieurs années de l’ESWC mais cela n’a rien de comparable avec les investissements reçus par les autres. Malgré tout la société française a réussi à avoir un rapport entre chiffre d’affaire et résultat plutôt intéressant, arrivant même à être bénéficiaire en 2006. Mais sans cette manne financière importante la crise leur a été fatale. C’est en tout cas ce qu’essaye d’expliquer Matthieu Dallon dans son interview.
Cette interview permet en tout cas de mieux comprendre les problématiques pour l’ensemble des acteurs du secteur. Les grosses institutions n’arrivent pas encore à rentabiliser leurs investissements dans le sport électronique sauf à quelques exceptions près et grâce à des sponsors très généreux et à une meilleure diversification des activités. Pour Matthieu Dallon cette rentabilité passera difficilement par les droits télévisuels qui sont pourtant la manne financière de la majorité des autres sports.
Cette interview, si elle apporte un bon éclaircissement sur la fin de Games-Services, n’apporte pas un regard très optimiste sur la suite des événements. Cela montre aussi que le sport électronique reste encore un secteur de niche. Mais il faudra se servir de ces différents échecs de l’année 2009 pour trouver de nouveaux modèles économiques plus viables dans le temps.
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Source Fragster.de



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à+ :)
L'année 2006/07 a été la pire ?! Bizarre, pas compris.
c'est triste mais c'est réel ... En tout cas merci à Mr Dallon un grand nom qui restera à gravé dans nos mémoires en éspérant le revoir un jour?!
#2 bercy
Putain que c'est vrai ça, sauf que la différence entre "l'esport" et les autres sports, c'est justement que les sponsors et autres médias télévisuels n'abandonneront jamais le foot, la F1 ou autre, y a trop de pognon en jeu et c'est trop populaire.
#1 J'espère pour lui que non, je vois pas ce que son salaire vient faire ici, c'est pas ça qui a coulé l'entreprise...
#2 beh ca saute aux yeux lol c'est durant 2006/2007 qu'ils ont les plus grosses dettes et un chiffre d'affaire en net baisse par rapport aux années précédentes.Donc durant cette année ils ont perdu beaucoup d'argents , par contre je suis étonné de voir que en 2005/2006 ils ont été bénéficiaires ! peut être se sont ils enflammé l'année suivante ce qui a donnée ce déficite de 2006/2007 ...
Sachant que le CA est quand même un chiffre à prendre à la légère car il ne veux pas dire grand chose en vrai ...
sinon #1 tu sors ! tu lis pas et tu te permet de poser des questions OMG ?! , je ne sais pas combien il était payé mais certainement pas une somme astronomique , sinon tes insinuations tu peux te les garder je pense :)
J'exagère un petit peu, mais c'est le genre de chose que l'on voit souvent en esport. (Dans le cas de Games-Services, à moins qu'il ne se soit payer un salaire à la hauteur de la retraite de l'ex-PDG de la Société Générale, c'est sur que ça doit être négligeable par rapport à toutes les dépenses)
P.S. : J'avais fais un com' assez long ou je parlais de la médiatisation des sponsors dans l'esport qui est très faible comparée à (mêmes exemples que toi) la F1 ou le foot, mais y a eu un bug T_T.
Edité le 11-05-2009 à 18:58:04 par Revenge
#11 c'est limite insultant de lire ton début de com sur les salaires quand on voit le boulot accompli et lorsqu'on connaît un minimum Games Services et ce qui a été fait...
En plus cela n'a rien à faire ici ce sujet...
Edité le 11-05-2009 à 19:24:53 par esports`ahriman
1)Aux dernières nouvelles aucuns travail n'est fait gratuitement.
2)Ensuite son salaire ça regarde vraiment personne (et je dirais même la seule chose a dire si il est payé cher c'est :"temps mieux pour lui".
3)Et en plus c'est pas une différence de 1000€ de salaire qui a fait plongé les comptes de games-services dans le rouge.
4)Des boites qui se plantent ils y en a des dizaines tous les jours, et ce n'est pas toujours synonyme de "mal-gérance" ou de "mauvais travail", les bizounours c'est bien mais dans la vie tous n'est pas toujours tout blanc ou tout noir...
Finalement #1 au cas ou tu viendrais d'un autre monde , Dans de grandes sociétés AUCUNS patrons ne fixe lui même son salaire.......
----
En se qui concerne l'interview rien n'a redire franchement.
Il semble honnête et volontaire , plus qu'a priez pour un repreneur.
Et je trouve l'interview tres bien, tres clair, transparente, bravo dallon. je connais pas bien le personnage, mais c'est bien de sa part de donné son avis sur la situation. et ma foie sur la télévision il a pas tord. c pas demain la veille que l'on aura ne serait ce que une finale a la télévision. Pourquoi? parce que ia les replays, les streaming, les videos et tout le reste, il a pas tord.
Par contre jme suis toujours demandé, ca coute vraiment chere de monté une chaine de television accessible tnt? franchement quand on voit certaines chaines... jme demande pourquoi elle existe.. Une chaine acces esport + quelque trucs autours ca pourrait marché, mieu que gameone, qui est une merde absolue.
Et je ne sais pas qui s'est chargé de la traduction (a priori à partir de la version anglaise de Fragster, à moins que Dallon vous ait communiqué une version française, ce qui me paraît peu probable) mais elle est vraiment de QUALITE, et c'est assez rare ici comme ailleurs, sur les sites francophones, pour être souligné.
@GS : Merci.
Jouez au loto svp et ensuite créez une chaine de télé, rachetez gs et faites une fédé d'esport internationale, merci.
C'est la faute à gameone tout ça! :)
et le coup de 'démocratiser' le truc à des spectateurs lambda j'y croit pas du tout, faut jouer au jeu pour apprécier de voir des mecs jouer à haut niveau. y'a qu'a voir je pense que la majorité des joueurs cs ne regardent pas les matchs w3 et inversement et que la majorité des mecs qui jouent en ffa ne s'intéressent pas aux matchs et à l'actu.
faut arrêter la vision de microcosme ou on a l'impression d'être mass. pour moi l'émission sur gameone est le maximum qui puisse être fait. on attire la (petite) communauté de joueurs-spec et on espère qu'il y ait des mecs qui regardent par curiosité ou s'endorment devant.
En esperant que votre vie passera à la recette Malossol, je vous souhaite bien du courage !
le handicap vécu peut devenir un avantage avec l'expérience acquis a travers GS !
alors merde a vous/lui :)
Déjà matthieu je pense qu'il ne faut pas tuer son guide avant d'arriver en haut de la montagne .; Comme tu peux voir.. cela ne t'as pas réussi. ( ceux qui savent comprendront)
Ensuite Parler de sponsor.... blabla ., Et bien cela depend pour qui. En représentant plus de 2millions de joueurs à travers le monde, ne pas etre capable de trouver un modèle économique qui aurait pu etre meme une licence ou un compte dit " premium" comme l'ESL ou d'autres choses.. Et bien je dirais : il faut être vraiment Mauvais.
De toute façon c est ce qui arrive quand on prend les idées des autres et qu'on ecarte ceux qui ont créer la chose. Surfer sur le succes de ligarena puis changer en games services pour mieux se mettre en avant... et bien je dirais pointe bien aux assedics et bien fait ! Car avec une telle mine d'or etre autant incapable !
bref..
je me tais
pause pub "off"
ha vi .. les cash prize c est bien d 'en mettre... mais faut les payer hein !
Edité le 12-05-2009 à 01:44:15 par iams4m