La semaine dernière
LanAlliance annonçait à travers un communiqué ne pas vouloir collaborer avec
DiP Communication dans le cadre de l'ESWC France 2010 (Cf.
Lien).
Vincent "Atao" Bellec responsable communication de l'APSEB et membre de LanAlliance a bien voulu revenir sur cette décision et les motivations du regroupement de LAN Parties.

Atao à gauche lors du dernier Festival Breton des Jeux Vidéo
| | Esportsfrance : Pouvez-vous nous dire quelle était la proposition de DiP Communication pour que LanAlliance intègre le circuit qualificatif de l'ESWC France ? Vincent "Atao" Bellec : Il ne s'agit pas de proposition unilatérale de DIP, mais de discussions que nous avons eu ensemble sur la cohabitation des deux entités Masters et ESWC sur le circuit français. DIP nous a proposé de nous laisser le monopole des « Premiere Series », en échange d'une utilisation du classement ex-cyberleagues en lieu et place du classement des masters pour les qualifications ESWC. Cette option nous soumettait aux contraintes du circuit ESWC, et donnait la possibilité à une société privée de tirer partie d'une base de données de membres dans un but uniquement commercial. |
Notre proposition était de continuer à gérer le circuit français via le circuit des Masters et de travailler ensemble sur l'organisation d'une coupe de France et de la Coupe du Monde, comme nous le faisions au préalable, tout en conservant la possibilité d’organiser une finale indépendante des Masters. Cette position permettait de construire petit à petit les éléments nécessaires à la reconnaissance d'une fédération.
Et quelles en étaient les contraintes ou points de discordes, qui vous ont décidé à ne pas travailler avec le repreneur de l'ESWC ? Comme évoqué précédemment, une cohabitation permettait de repartir sur un système qui avait fait ses preuves les années passées d'un point de vue technique et fonctionnel. Malgré tout, nous avons conclu que les contraintes de profit inhérentes à un système à but purement lucratif pouvaient engendrer une grande instabilité à moyen ou long terme. Un système associatif nous parait quant à lui beaucoup plus stable dans le temps.
D'autre part, abandonner la communauté à un système lucratif ne nous parait pas une bonne chose. La fin d'ESWC en avril nous a fait remettre en question le système ; nous sommes arrivés à la conclusion que notre responsabilité était de passer d'une position de spectateur à celle d'acteur et d’amener la communauté vers un "next level" qui n'avait pas encore été atteint au préalable.
Enfin, cette collaboration nous obligeait à abandonner la possibilité d’organiser une finale indépendante des Masters, et remettait alors en cause tous les efforts consentis depuis de longs mois par de nombreux bénévoles des associations de LanAlliance, Battlefrance et COD Gamer pour construire un circuit français légitime et indépendant.
Vous dîtes qu'une société peut engendrer une grande instabilité, et que cela ne serait pas bon d'abandonner la communauté à un système lucratif. Pourtant, les sociétés ont aussi eu, et ont encore, du succès dans le sport électronique et permettent d'investir de grandes sommes d'argent pour développer celui-ci. Games-Services l'a fait, l'ESL continue de le faire, les WCG en tant que société également développe l'esport, ou à une moindre échelle la Dreamhack et le KODE5. Ne faut-il pas aussi collaborer avec ces dernières pour faire avancer les choses pour le bien des communautés ? Nous sommes effectivement ouverts à une collaboration avec des sociétés privées tel que les organisateurs de la Dreamhack, des WCG, de l'ESWC ou tant d'autres. Mais encore une fois, cela doit se faire dans le respect de nos ambitions de constituer un environnement esport s'appuyant sur des valeurs associatives et non lucratives.
La collaboration avec DIP Communication nous amenait à abandonner notre principal objectif d'avancer vers une fédération indépendante dans les années à venir, en soumettant nos efforts à un circuit privé.
En résumé, nous pensons que l'animation du circuit français et de ses communautés est plutôt l'affaire du tissus associatif, comme dans tous les sports en France, mais nous admettons que le secteur privé à toute sa place pour l'organisation de grandes compétitions internationales, et nous collaborerons dans ce sens avec tous les acteurs incontournables en France et dans le monde.
Début décembre DiP Communication avait annoncé que LanAlliance ferait parti du circuit qualificatif français de l'ESWC. Avez-vous du coup changé d'avis entre ce moment là et l'annonce ? Ou bien était ce un communiqué quelque peu prématuré de la part de DiP Communication ? Nous n'avions jamais pris de position, ni officielle, ni officieuse, sur un positionnement ferme entre les Masters et DiP, avant le communiqué du 23 décembre dernier. Au moment de l’annonce de la société DiP, des discussions étaient en cours, mais rien n’était alors décidé. Il ne s'agit donc clairement pas d'un revirement de situation, mais de l'annonce d’une position réfléchie, décidée après évaluation de toutes les options possibles, même si cela peut venir à l'encontre de ce qui a été supposé au préalable. C'est un des risques de la communication "anticipative".
Stéphane Cosse a déposé au mois d’août des marques portant sur les termes Master Français des Jeux Vidéo. Etiez-vous au courant et est ce que cela a été un problème dans vos discussions ? Est-ce que cela ne met pas en péril le nom de votre événement de fin de saison ? Il ne s'agit que d'un nom. Nous ne souhaitons vraiment pas encore aggraver la situation en nous lançant dans une perte de temps juridique inutile. Un dépôt de marque est fait pour protéger des intérêts commerciaux à la base, mais peut être utilisée dans une lutte concurrentielle, pour mettre des bâtons dans les roues. Mais il faut savoir que ces bâtons coûtent cher, car font appel à un dépôt de plainte judiciaire. Nous ne pensons pas qu'il soit dans l'intérêt général de l'esport d'engager ce genre de poursuites, nous sommes en discussion avec DiP Com pour élucider ce point en particulier. | | 
Le dépôt de marque sur l'INPI
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Certains organisateurs de LAN Party auraient apparemment préféré que LanAlliance travaille avec l’ESWC, et mettent en doute votre capacité à organiser la finale du circuit. Que leur répondez-vous ? C'est tout à fait compréhensible. L'esport vit un changement drastique de situation, et tout changement fait peur. Il y a des éléments rassurants : nous avons fait nos preuves depuis 10 ans, nous avons participé à l'organisation de nombreuses coupes de France et Coupe du Monde, nous savons ce que c'est d'organiser des show. Même si Games Services avait placé la barre très haut dans ce sens, nous pouvons nous aussi rivaliser d'ingéniosité et offrir des paillettes. Nous sommes actuellement en train de prendre contact avec les associations organisatrices, pour justement discuter avec elle de ce positionnement, répondre à leurs questions et à leur craintes.
Vous avez été aussi pas mal critiqués, et l’êtes encore, par les joueurs et organisateurs sur l’absence d’information sur la finale du circuit ou de classement online. Comprenez-vous cette forte attente et pression de leur part sur la mise en place de votre circuit ? Nous la comprenons tout à fait, et je dirais qu'elle est assez encourageante ! Elle est preuve de l'attrait engendré par ce classement masters. Le regret que nous avons est justement que ce classement ait un peu de mal à se mettre en place pour le moment, mais les choses vont s'accélérer dès janvier.
Concernant celui-ci vous pouvez donc confirmer que la finale du Master Français des Jeux Vidéo qualifiera pour la DreamHack Summer sur certaines disciplines ? Avez-vous des discussions avec d’autres organismes et que peuvent-ils vous apporter de plus que ce que proposait DiP Communication ? Là encore, le communiqué officiel, comme son nom l'indique, fait foi. Nous avons bien concrétisé un partenariat avec DreamHack, et nous en sommes ravis ! Les discussions avancent avec Kode5, WCG et GameGune. Ces différents acteurs proposent des compétitions internationales de haut niveau et de très haute renommée.
Pour conclure, nous souhaitions annoncer la mise en place d'une première Chat Session le 06 janvier à 21h. La chat session se déroulera sur le salon IRC #mastersjeuvideo et permettra aux joueurs et organisateurs de poser en direct des questions aux organisateurs, par vague. Bref, c'est un premier essai pour nous, mais il s'agira là de saisir l'occasion de répondre ouvertement et en transparence à toutes les questions que la communauté pourra avoir. Rendez-vous donc le 06 janvier, 21h, sur #mastersjeuvideo !